Autoportrait

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  Nous sommes en 1910, Léon Payan se bat avec de plus en plus de difficultés pour pouvoir exercer son art depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

  Le chantier de Pléneuf, lui a donné du travail, mais il a dû avancer quasiment l'ensemble des frais de réalisation, le Recteur n'ayant accepté de donner que 10% d'acompte à la commande et le solde ne sera versé qu' en juillet 1911.

    L'étude à commencé en octobre 1909,

    l'accompte  la commande versé en (début) 1910 (600 F),

    les 16 vitraux de la nef, posés début avril 1911,

    un 2e versement en juin 1911 (500 F),

    le solde des versements (5545 F) en juillet 1911.

 

 En juin  1911 l'abbé Jaffrain commande à Léon Payan un 17e vitrail qu sera posé derrière l'autel .

   le sujet sera: le Sacré Choeur  consolant les affligés.

 

Léon Payan sait que ce sera son  dernier travail, la dernière fois qu'il dessinera un vitrail.

Il a déja pris la décision d'arrêter d'exercer son art, et a saisi en décembre 1910, une occasion qui se présentait à lui:

il est devenu le directeur de la station thermale de Luxeuil-les-Bains.

 

  Il écrit au recteur depuis Luxeuil, le 05 mai, qu'il  est en train de crayonner l'agencement général de la baie d'après la gravure qu'il a transmis par le poseur...

 Il est malade. Depuis de longues années il souffre des poumons, mais devoir abandonner son art est pire encore, pour lui.

 Il décide donc de se représenter en  malade , bandeau autour de la tête, bras en écharpe, sur la gauche du vitrail derrière Jésus.

Le symbole est là,

le bandeau autour de la tête  pour son désespoir ,

le bras en écharpe ne dessinera plus.

 

  Dans son dernier courrier  du 21 août 1911 il écrit: 

 

 

"Votre vitrail a été placé à votre

 entière satisfaction, m'a dit le poseur

 

 et c'est là ce que je souhaitais le plus

 au monde en brisant mes pinceaux.

Je laisse une dernière oeuvre

qui chantera dans les siecles futurs

la gloire de Dieu.

 

Au milieu de toutes les ruines,

de ma désolation et de mes larmes

c'est du moins ma dernière consolation."

 

 

 

 

 

 

 

   Léon Payan en 1915

dans le parc de la station  thermale

de Luxeuil-les-Bains

 

 

 

    

 

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© 2017 Daniel Guyez